Alexandre Despas Ironman

Nos limites n'existent que dans nos craintes.

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Pour sa première année de pratique triathlétique, Alexandre frappe tout simplement très fort ! Première participation à un Ironman… et hop, qualification pour Hawaii en poche ! Comme quoi, même en venant sur le tard (31 ans) tous les espoirs sont permis ! Si vous aussi avez des exploits de course à relater, écrivez-nous, cette rubrique est la vôtre !

Je m’appelle Alexandre et j’ai réalisé mon rêve.

Août 2009, après 4 ans de compétition en cyclisme, la lassitude me gagne, je prends de moins en moins plaisir en cours. C’est la fin, j’ai besoin de nouveaux challenges, de nouveaux objectifs, d’une nouvelle aventure…
Ayant été nageur dans ma jeunesse (il y a 17 ans), puis cycliste, je savais que je finirai par pratiquer le triathlon.
A la mi-août 2009, je saute le pas.
Après trois semaines d’entraînement en natation pour retrouver des sensations, je participe à mon premier tri : le Court Distance de Mâcon. La course se passe très bien, et je finis 15ème.
Je découvre surtout une ambiance extraordinaire, des sensations uniques. J’en suis désormais sûr, j’ai attrapé le virus…
Au mois d’octobre, je prends ma première licence au club Triathlon Ambérieu-en-Bugey, j’y retrouve des connaissances, une ambiance familiale, sans prise de tête, l’état d’esprit que j’avais découvert lors de mon premier tri.
Mon objectif est alors de m’aguerrir à ce sport et, but ultime, rêve de toujours, de participer à un Ironman d’ici deux ou trois ans.

C’est sans compter sur Sébastien, un ami membre du club, et déjà finisher à Embrun, qui en quelques semaines, me convainc de tenter l’aventure de Nice avec lui, dès 2010. Je m’inscris sur un coup de tête et réalise soudain l’ampleur de la tâche qui m’attend.
Les mois d’entraînement se succèdent dans des conditions climatiques exécrables jusqu’au moi de juin où nous pouvons enfin effectuer nos premiers entraînements en lac, il était temps…
Le dernier mois et demi est une vraie galère. Malgré de très bonnes sensations en vélo et de bonnes en natation, j’enchaine les tendinites aux genoux (huit en tout !). Ma participation à Nice s’éloigne.
A trois semaines de l’objectif, je décide de participer à mon second triathlon à Rumilly pour voir si mes genoux tiennent. Je finis 33eme, mais les sensations sont mauvaises, mes genoux restent douloureux.
Maintenant, je n’ai plus qu’une chose à faire : me repose. Cinq jours avant la course, miracle, mes genoux me laissent enfin en paix. Je suis tout de même inquiet, je n’ai couru que 20 km en un mois et demi.
J’aborde donc le départ sans prétention avec le rêve de finir.

C’est le jour J, il est 6 h 30, c’est parti.
Et là, jamais je n’aurais imaginé que 2700 personnes à l’eau, c’était ça :
C’est la cohue, les chocs, le bouillon. Par moment, je me demande même si je vais réussir à finir la natation.
Puis ça se calme progressivement…
A la sortie à l’Australienne, je chope une crampe (là, je me dis que c’est bien parti !).
Mais tout s’arrange et je sors enfin de l’eau en 1h01’30.

Arrive enfin la partie que je préfère :  le vélo. Dès le début je me sens bien. Les kilomètres et les ascensions s’enchainent et je remonte un bon nombre de triathlètes ! Cependant, je n’ai absolument aucune idée de la place à laquelle je me trouve… je pense être dans les 300 premiers car les athlètes que je double sont de plus en plus affûtés. Entre le km 110 et 140, je sens à nouveau les crampes arriver. Je lève le pied pendant 30 bornes, je profite du paysage magnifique et surtout, je ne rate pas un ravito pour boire et  faire le plein de magnésium en mangeant des bananes. Je finis les derniers kilomètres très fort et au moment où je pose le vélo (en 5h11), je réalise que le plus dur reste à venir :  le marathon !
Les premières sensations sont bonnes, je suis surpris ! Aucunes douleurs aux genoux, pour le moment. Je me sens bien mais reste prudent, rien n’est encore joué, je n’ai jamais couru un marathon. Je ne rate pas un ravito. J’y prends toujours un morceau de banane, j’ai peur que les crampes reviennent !
Les kilomètres défilent. Au semi-marathon, je suis toujours bien, pas une douleur aux genoux.
Je réalise que je vais peut être arriver au bout… et l’émotion m’envahit ! Mais je me raisonne en me disant que rien n’est joué. Au kilomètre 32 du marathon, les jambes commencent à se durcir, mais le moral est là !
Les encouragements de ma femme, de mon père et d’amis me portent…
Je finis les derniers kilomètres du marathon en trombe pour un chrono final de 3h20 sur cette partie pédestre.
La finishline se présente : le bruit, la foule, les encouragements, je peux enfin laisser exploser mes émotions !
Je franchise la ligne, les larmes aux yeux, en 9h42’04.
Mon rêve s’est réalisé : je suis un Ironman !

Une fois arrivé, tout s’enchaine. On m’apprend mon classement 39ème, c’est incroyable, je n’en reviens pas.
Le lendemain, j’apprends ma qualification pour Hawaii.
C’est fou ! J’y vais !

Ce dimanche 27 juin à Nice j’ai réalisé un rêve, faire un Ironman.

Le 9 octobre prochain, nouveau rêve en perspective : le mythe, l’Ironman d’Hawaii !

Source : Tri-Max n°4 – août 2010

Alexandre DESPAS
31 ans, Ambérieu-en-Bugey

C’est ma première année de triathlon et ma 3e compétition. Un des dirigeants de mon club, qui allait participer à Nice, m’a convaincu de l’accompagner. J’ai accepté sur un coup de tête. Quelque temps après, la peur m’a envahi. La préparation s’est plutôt bien passée, mis à part le dernier mois où je ne pouvais plus courir à cause de tendinites aux deux genoux. Le jour J heureusement, ces dernières m’ont laissé en paix. La natation m’a surpris : c’était le bouillon et la bataille. Plusieurs fois, je me suis demandé si j’allais réussir à aller au bout. Malgré une crampe lors de la sortie à l’australienne, j’ai réussi à nager en 1h01’30. J’étais content de me retrouver sur le vélo, mon sport de prédilection. J’ai remonté de nombreuses places jusqu’au km 110 où j’ai été assailli par les crampes. J’ai levé le pied durant 30 km, m’alimentant et profitant du paysage somptueux. J’ai fini en trombe les 40 derniers km. Le plus dure commençait : le  marathon. Bizarrement, les sensations étaient bonnes. Les km défilaient et je me sentais toujours bien. J’essayais de me calmer en me disant que rien n’était encore joué. Il ne fallait pas perdre d’énergie. Enfin la finish line s’est présentée à moi avec autour un public incroyable. J’ai franchi la ligne en pleurant en 9 h 42’04. Le speaker m’a appris que j’étais 39e. Le lendemain, cerise sur le gâteau, on m’apprenait ma qualification pour Hawaii.

Source : Triathlete n° 280